Il y a environ 18 mois, le vie suivait son cours, Grand Bonhomme et Petit Bonhomme était gardé par SuperNounou et je travaillais à temps partiel, tous les jours sauf le mercredi. Je venais de commencer dans mes nouvelles fonctions, qu’on m’avait décrite comme passionnantes et qui finalement ne m’intéressaient pas plus que ca. Monsieur travaillait à plein temps, depuis un an dans la même entreprise. On avait l’impression que la vie se posait.

Il y a environ 15 mois, Petit Der se faisait soudainement une place dans mon utérus et ce faisant, allait chambouler nos vies. Et Monsieur sentait le vent tourner dans sa boite.

Il y a environ 12 mois, j’annonçais à mon chef mon enceintitude et mon départ programmé vers mi mai. A la question « et tu reviens quand? », j’ai répondu « Normalement, vers décembre, à la fin de mon congé! ». Monsieur se faisait virer… et retrouvait du travail dans la foulée.

Il y a environ 9 mois, Petit Der décidait d’amorcer sa descente, me condamnant au repos forcé et murissait en moi un questionnement : ai je vraiment envie de retourner bosser? Est ce que cette surprise n’est pas l’occasion de se remettre en question? Est ce que je vais réussir à gérer cette vie à 5, alors même que Monsieur est très pris par son nouveau métier?

Il y a environ 6 mois, Petit Der pointait le bout de son nez, pour se faire une place de plus en plus grande dans nos vies. Et après moultes tergiversations, à mesurer les pours et les contres, à pointer dans un tableau Excel le coût financier de cette opération, nous avons décidé qu’il était financièrement acceptable que je m’arrête, pour quelques mois.

Et voilà, je suis donc officiellement en congé parental. Je suis une mère au foyer. Ce me fait super bizarre d’écrire ca. J’ai validé mon congé jusqu’à fin octobre 2012. Et d’ici là, on verra.

N.B. informatif : La Poule a écrit ca tout comme il faut ici, mais j’ajouterais deux informations :

1- D’abord, il est important de solder ses congés légaux, si le retour de congés parental n’est pas prévu avant la date légale à laquelle ils doivent être pris. Par exemple, pour moi, les congés légaux se cumulent entre mai de l’année N et mai de l’année N+1 et ils peuvent être pris entre mai de l’année N+1 et mai de l’année N+2. Aussi,  étant arrêtée depuis avril de l’année N+1, je n’ai pas pu consommer mes congés donc, il fallait les solder tous avant d’entamer mon congé parental, sous peine de les perdre purement et simplement. Aussi, mon congé maternité a été suivi immédiatement de 5 semaines de congés.

2- Le Complément de Libre Choix d’Activité est versé à partir du mois suivant l’arrêt de travail, ou la diminution du temps de travail, donc, si vous en avez la possibilité, choisissez de débuter votre congé parental en fin de mois précédent, afin de ne pas « perdre » un mois de versement.

Mais revenons à mon congé. Après 9 mois d’arrêt dont 2 de congé parental, voici mon premier bilan.

Les points positifs et super cool :
- Je n’ai plus à courir après le temps, pas d’impératif de délai, plus de pression professionnelle. Je vis à mon rythme.
- Je n’ai plus à prendre de congé pour emmener les enfants chez le docteur, ou prendre mes rendez vous médicaux le soir, tout en sachant qu’il faudra gérer les monstres et courir en même temps. Et j’avoue que cette année, entre l’orthophoniste, le généraliste, l’urologue (je vous en reparle), l’ORL (je vous en reparle aussi), l’ophtalmo (ah bah oui, ca aussi, faut que j’en cause), j’ai été gâtée !
- Je reprends mes enfants pour manger 2 jours par semaine et c’est chouette de les avoir un peu avec moi. Ca leur fait plaisir aussi, je le vois.
- Je suis là les matins pour les emmener et récolter les derniers bisous. Je suis là les soirs pour aller les chercher et voir leur regard s’illuminer en me voyant.
- Je prends le temps de jouer à des tas de jeux, de faire de la peinture, des activités avec les enfants, autrement que le week end.
- Je peux partir en vacances en même temps qu’eux pendant les vacances scolaires pour aller dans la famille ou chez les amis.
- Je ne suis plus obligée de faire les courses à l’arrache le soir avant de rentrer, je peux y aller en journée sans eux.

Ce que j’apprécie moins, voir, je déteste :
- Je fais la même chose tous les jours, et sans la référence de Monsieur qui ne travaille pas le week end, je ne saurais jamais quel jour on est.
- Je suis responsable de tout et par défaut, c’est à moins de tout faire, puisque je suis à la maison tout le temps. Et quand mes journées se limitent à lessive + repassage + nettoyage + rangement… mouais.
- J’ai l’impression de travailler dans le vide puisque tous les jours, je range, je nettoie, etc… et tous les jours 4 (oui 4!) XY viennent remettre crasse et bordel. L’impression de servir à rien n’est pas loin…
- Je suis la seule responsable des enfants et le fait que leur éducation ne soit essentiellement que de mon fait me taraude beaucoup. D’autant qu’à ma connaissance, les enfants n’écoutent jamais leur mère. Non, jamais.
- Je n’ai quasiment plus de vie sociale et le peu de fois où je discute avec des adultes, c’est en général pour en revenir au sujet des enfants. Un peu lassant.
- Je ne fais plus rien pour moi : plus de sport, plus de vélo, plus de sortie shopping (en même temps, l’idée d’hésiter entre un 42 et un 44 me stresse assez comme çà), ni même en librairie.
- Je n’ai jamais de reconnaissance pour ce que je fais : il est normal que je me charge de toutes les tâches ménagères puisque je suis à la maison tout le temps, c’est mon nouveau métier. Mais le manque de reconnaissance est franchement pesant.
- J’ai un drôle de regard sur l’argent que je ne gagne pas j’ai beaucoup de scrupules lorsque j’ai envie de faire des dépenses « inutiles ». Je me restreins dans mes achats parce que j’ai l’impression de ne pas les « mériter ».
- Je ne peux plus poser de congé pour accompagner les enfants pendant leur sortie scolaire, alors que j’adore les accompagner au musée ou à la ferme. J’ai même raté une sortie au cirque. C’est frustrant.

Ce qu’il faut que je change :
- Je me laisse déborder par les tâches ménagères : il faut que je limite ces situations, afin de gagner un peu de temps pour moi.
- Je dois m’accorder un peu de temps de détente, histoire de pouvoir faire un tour au centre commercial.
- Je dois reprendre contact avec mes amies, collègues ou connaissances pour m’organiser quelques papotages autour d’un café.

Ce que j’aimerais voir changer :
- Je rêve que mes enfants rangent spontanément le bordel qu’ils laissent tous les jours dans l’appart et qui me prend un temps monstrueux.
- Je rêve que Monsieur arrête de me considérer comme le femme de ménage à domicile, histoire de ne pas rajouter son bordel à celui de sa progéniture.
- Je rêve qu’il me dise « Reste couchée, aujourd’hui, je m’occupe de tout » et qu’il s’occupe vraiment de tout.

La conclusion de ce premier bilan est plutôt positive car je n’ai pas envie de retourner au travail aujourd’hui, surtout dans les fonctions qui m’attendent, et j’ai surtout envie de profiter de mes enfants. Ceci étant, j’ai perdu beaucoup de confiance en moi : je n’ai plus de travail, moins de considération des autres. Je me sens assez inutile et mes occupations en dehors des enfants sont assez peu captivante. Je n’ai plus de sujet de conversation, plus vraiment de choses intéressantes à vivre en dehors de la famille. Et mes kilos en trop aggravent la situation.

Enfin, sans me mettre la pression, j’étais persuadée que, lorsque Petit Der aurait trouvé un peu son rythme (ce qui n’est pas tout à fait le cas aujourd’hui), j’aurais de temps pour faire des choses rien que pour moi :  bricolage, peinture, dessin, album photo, tricot… et j’avoue que cette partie est un peu laissée en suspend. Je vois le temps défiler : déjà 9 mois écoulé et il en reste 10, je suis déjà à la mi-temps et je n’ai rien fait de ce qui me tenait à coeur.

Dans mon esprit se profile plusieurs questions : et si dans 10 mois, je n’avais rien fait de plus?
Au moment de ma reprise, Petit Der aura un peu plus d’un an, le moment de la marche, des premières découvertes…  Et si je n’arrivais pas à décrocher de mon petit bout de chou? Si je voulais rester encore un peu? Si la reprise du travail est insupportable?

D’autant que j’ai encore quelques rêves, quelques aspirations en réserve… pour les 30 prochaines années qu’il me reste à travailler.

loading Entre parenthèses hellocoton Entre parenthèses
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Je vous avais parlé précédemment de la précocité de mon Grand Bonhomme, des difficultés rencontrées et des pistes ouvertes pour progresser.

Et alors?

Alors rien. Stand by. Statu quo.

Nous nous étions laissé alors même que Grand Bonhomme refusait de changer de classe.

A l’entrée en Grande Section, j’ai profité que la maitresse m’a interpellé (j’ai un sérieux doute sur cette tournure de phrase…) sur le comportement de mon fiston « un peu dissipé » pour lui résumer la situation. Armée de mon bilan psychologique, j’ai pris le temps de me poser sur l’une des mini-chaises de maternelle pour aborder avec elle la précocité de Grand Bonhomme ainsi que son refus d’être différent. Elle a bien pris note de tout cela et a bien expliqué au loulou présent que l’école n’était effectivement pas qu’un lieu de récréation mais également un endroit où apprendre et travailler.

Après cette petite remise à plat, je n’ai plus eu de commentaire. Enfin… pas plus que les autres parents.

Par contre, quelle ne fut pas ma surprise de trouver dans le cahier d’excercice du jeune homme, de magnifiques pages de « calligraphie ».
« Tu y arrives super bien? » lui ai je asséné, à la fois surprise et fière. « Mais pourquoi ne le fais tu pas aussi bien à la maison, quand c’est moi qui te le demande? »
« Ben, parce que la maitresse, elle me dispute si je ne le fais pas bien… »

OK. Maitresse 1 – Maman 0

Effectivement, la maitresse a trouvé LE truc : quand il bacle et fait n’importe comment pour aller vite et passer à la suite, elle prend la feuille, la met à la poubelle et en ressort une nouvelle pour qu’il recommence l’exercice. C’est tout. Comme ça, jusqu’à ce qu’il s’applique. Et tant que ça n’est pas fait, il doit rester assis et travailler au lieu d’aller jouer avec ses potes. Maintenant, il arrive à faire des efforts et vraiment « travailler ».

Par ailleurs, il se sent toujours tellement bien dans sa classe, qu’il ne veut toujours pas envisager de changer. Pour bien marteler le coup, il a décidé d’arrêter de s’intéresser à la lecture, ne veut plus en entendre parler et apprendra « comme tout le monde au CP ». C’est dit. Tant pis. Je crois que je me suis faite à l’idée qu’il rejoigne la norme. Il se sent plus heureux comme ca et nous n’avons plus trop de problème de comportement. La vie est plus cool. Les cris, les colères et les hurlements ne sont que de lointains souvenirs… puisque, fort heureusement, le Petit, lui, ne prend pas ce chemin.

Ca ne l’empêche pas d’être toujours aussi intéressé par les émissions de National Geographic (4 chaines !) qui parlent de dinosaures, de serpents et autres bestioles du genre, plutôt que par les chaines du groupe Disney. Je suis rassurée : au moins ça, ça ne changera pas tout de suite !

loading Et la précocité, où cest y quon en est? hellocoton Et la précocité, où cest y quon en est?

Lundi dernier, je faisais ma grosse maligne.

Non, sans rire : trouver la solution de ces / ses / nos (?) problèmes de nuits en 5 jours, c’était tellement hallucinant que j’en étais bluffée moi même. Pourtant, c’est bien connu, il suffit de dire qu’un enfant fait ses nuits pour que, justement, il ne les fasse plus. Je savais bien que j’aurais du me taire !

Mardi, il s’est réveillé 5 fois ! Avec des tétouilles de 5 minutes à chaque fois.

Et nous sommes partis en vacances 5 jours. Le drame, l’horreur, le carnage.
Impossible de l’endormir dans ce lit qui n’était pas le sien.
Impossible de laisser pleurer, même 5 min, sous peine de réveiller les 4 autres enfants et les 2 autres parents qui dormaient dans la chambre à coté. Vive la proximité et les petits appartements.

Donc, il a tétouillé, tétouillé et tétouillé encore. 5 fois… 6 fois… 10 fois dans la nuit. Là, autant vous dire que j’avais exclu toute éventualité de le remettre dans son lit à chaque fois. Donc, oui, il a dormi dans notre lit, à coté de moi. Et non, le cododo sans side bed n’est vraiment pas la palacé. J’ai très peu et mal dormi. Réveillée à chacun de ses mouvements, inquiète de le voir tomber, de le voir s’étouffer sous la couette.Par contre, aucune inquiétude quant au risque de l’écraser : j’étais tellement crispée que je n’avais aucune chance de rouler vers lui. Le réveil, enfin, je veux dire, le moment où tout le monde se levait, était très difficile car j’avais l’impression d’avoir fait une nuit blanche, les crispations musculaires en plus !

4 nuits, c’est très long.

L’humeur du jour s’en ressent. J’étais… à cran. Crise de larmes à la clé. Super classe devant les autres. Ah, ah, ah, youpi les vacances en famille.

Enfin, hier, retour à la maison. Et je pense que Petit Der l’a compris : d’un coup, il était super détendu, souriant et agréable, ce qu’il n’avait pas été pendant les 5 jours de vacances.

Cette nuit, il ne fallait pas s’attendre à un miracle, il m’a évidemment appelé plusieurs fois mais au moins, j’ai pu le laisser chouiner un peu plutôt que de l’obliger à se taire rapidement, en lui fourrant le téton dans la bouche !

Alors, c’est reparti pour un tour en espérant que tout n’est pas à refaire et que le sommeil sera de nouveau bientôt là !

loading ... et en fait non. hellocoton ... et en fait non.

Il dort.

Il est 7h et il dort.

Il est 7h et il dort depuis hier soir 21h.

Waouh.

Cette histoire avait plutôt bien commencé. Pendant tout son premier mois (oh comme c’est bizarre d’écrire ça), Petit Der a beaucoup dormi. Je veux dire, du genre marmotte, à ronfler toute la journée et toute la nuit. Moyennant bien évidemment une grosse tétouille toutes les 2 à 3 heures environ. Ca donnait : je dors, j’appelle, je tétouille, je me rendors sur le sein…

A partir de septembre, il avait décidé de dormir de 22h à 6h non stop sans rien demander. J’avais été bluffée. C’est vrai, quoi ! Un bébé qui fait ses nuits et les miennes à 2 mois, c’est carrément génial. La journée, c’était tétées tout les 2 à 3 heures environ.

Et puis à partir d’octobre, je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, il a recommencé à appeler une fois par nuit. Puis deux fois par nuit. Puis 3 fois par nuit. Gloups. Et toujours toutes les 2 à 3 heures environ en journée.

Pour le souvenir, j’ai recherché dans les petits carnets où j’avais pris note des horaires de Grand et Petit Bonhomme à la même époque. Aucun des deux ne faisait ses nuits à 3 mois. Grand Bonhomme a appelé longtemps pour une tétouille de nuit et Petit Bonhomme encore plus longtemps pour la fameuse tétine. Alors j’ai laissé passé ce troisième mois.

Mais rien ne s’arrangeait.

Attention, c’est pas que j’y tienne absolument à ces fameuses nuits. car je sais, pour l’avoir vécu, qu’un bébé fait ses « nuits » plus où moins tard selon les cas et qu’il peut avoir besoin de manger la nuit pour compenser des journées un peu légères mais là, je n’en revenais pas : le filou a fait ses nuits complètes pendant 1 mois ! Il en était donc capable. Pas de raison de s’arréter en si bon chemin

En plus, j’avais souvent l’impression d’être une tétine géante :  1h de tétouille et impossible de le décrocher du sein.  D’autant que, pour plus de facilité, je me suis installé un lit à coté du sien et même à coté du chauffage. Evidemment, le combo « tétouille + nuit + chauffage » conduit immanquablement au sommeil profond… de maman ! Et tétouille au chaud dans les bras de maman = bonheur absolu pour l’enfant. Pourtant, à dormir à moitié dans mon lit, à moitié dans mon lit d’appoint, à me réveiller toutes les 3h, à être fatiguée dès le matin, j’ai pensé qu’on prenait la mauvaise direction. Alors certaines me parleront de cododo mais le cododo ne change pas grand chose au réveil de nuit et si d’autre ont fermé le bar à 6 mois, je ne voyais pas pourquoi je ne pourrais pas le faire plus tôt, puisque, je le rappelle, il en était capable !

Et si c’était un gros besoin de succion? Moi, je veux bien lui donner à manger, mais je ne veux pas devenir une tétine. J’ai donc cherché à substituer le sein par une vrai tétine. L’ayant fait pour Petit Bonhomme, je n’y voyais pas d’objection. Mais Petit Der en avait décidé autrement. Après 3 mois de contact charnel avec le sein maternel, l’idée de machouiller une truc en plastique ne lui allait pas (mais pas mais pas) du tout. Pffchouuu : crachouillage et tétine en orbite !

Je me suis donc replongée pour la moultième fois (ca se dit, ca?) dans mon livre préféré, en cherchant, non vraiment la solution mais des conseils pour cette période.

Bon, pour faire court et résumé, le bouquin conseille, plutôt que de laisser bêtement pleurer la nuit (ce que j’ai essayé, je vous l’avoue, mais en vain), de réduire progressivement la durée des tétées, afin que l’enfant réapprenne à s’endormir sans manger, sans avoir le ventre plein et ceci afin de l’aider à différencier « avoir faim » et « avoir envie de manger ».

Parenthèse :  Cette notion de différence est importante pour l’auteur car elle permet également de construire l’appétit sur de bonnes bases, en séparant clairement une émotion, une envie, et l’appétit réel. Evitant ainsi les éventuelles conséquences de ces méli-mélo sur le comportement et les compulsions alimentaires. Ce que je n’ai, à mon avis, pas réussi à faire avec Petit Bonhomme. Concrètement, quand il avait sommeil, je l’endormais « au sein », comme beaucoup le font, je crois. Mais plus il était fatigué, plus il réclamait à manger. Il confondait clairement « avoir faim » et « avoir sommeil ». Et c’est toujours le cas aujourd’hui ! quand il est exténué et que ses yeux se ferment tout seuls, il demande… un morceau de pain ! et s’endormirait presque le pain dans la bouche si nous ne le conduisions pas manu militari dans son lit !

Mais revenons en à Petit Der : j’ai donc entrepris le rationnement nocturne. Hors de question de demander à Monsieur de s’y coller, d’abord parce que s’il ne dort pas la nuit, il est encore plus insupportable que tous les enfants réunis, il a les yeux déchirés, il dort debout. Ensuite, je vous rappelle que Monsieur travaille, lui. Oui, je suis encore en mode « feignasse » ! Enfin, Petit Der ne peut être calmé que par moi :  ce sont les inconvénients de la vie fusionnelle avec sa Môman.

Première  nuit : tétées de 15 min. Mais je constate qu’après 10min, les grosses aspirations deviennent déjà des tétouillages. En le remettant au lit, il chouine à peine et se rendort. De toutes façons, il pleurt toujours un peu pour s’endormir. Trois réveils tout de même.

Deuxième nuit : tétées de 10 min. Idem. 2 tétees seulement.

Troisième nuit : tétées de 8 min, chrono en main. Tout va bien mais il pleure quand même 5 min avant de s’endormir. 2 tétées dans la nuit.

Quatrième nuit :  Je retente 8 min et ca se passe mieux. 2 tétées.

Cinquième nuit : Je passe à 6 min. Ca roule. 3 tétées.

Sixième nuit : Je passe à 5 min mais en fait non… car il dort !  Oui, depuis que je l’ai couché, hier à 21h, il dort. Je me suis réveillée avant lui, les seins tendus et douloureux mais lui, dort d’un sommeil bien paisible. Je pense que nous sommes sur la bonne piste…

loading Petit à petit... hellocoton Petit à petit...
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Notre équilibre est fragile. Non, je ne parle pas de l’équilibre de la planète, ni de la nature, ni d’une guerre à venir. Non, très égoistement, je parle de l’équilibre de ma famille.

Au départ, nous étions 2. Enfin 1 + 1. J’avais mes occupations de mon coté, Monsieur avait ses occupations de son coté et au milieu, nous avions nos activités communes. Activités communes, qui, soient spontanées, soient construites et réfléchies, étaient le fruit d’une démarche volontaire, afin de construire une vie à deux. Car il faut bien avouer qu’au départ, nous n’avons pas tellement de point commun. A se demander comment nous en sommes arrivés là.

Et puis Grand Bonhomme est arrivé, mettant un grand coup de pied dans le Kapla. Et il nous aura fallu plusieurs mois, quasiment une année pour construire une vie à trois à peu près correcte. La faute à mon excessif sentiment maternel qui laissait peu de place à Monsieur dans mon couple « mère-enfant ».

2 ans plus tard arrivait Petit Bonhomme et rebelotte. Et il me manquait quelque chose. Impossible de savoir pourquoi mais je finissais par en vouloir à tout le monde et à moi même également de ne pas être « heureuse ». Difficile d’exprimer ce sentiment là mais il est particulièrement désolant de se dire « T’as tout pour être heureuse » et de ne pas le ressentir.

Professionnellement, mon travail m’intéresse mais rien de bien passionnant. Personnellement, à part me consacrer à mes enfants, je n’arrive pas à me sentir « accomplie ». J’ai laissé trop de chose en suspend. Je me sens vide et sans intéret. Et pourtant, sans trop savoir ni comment, ni pourquoi, j’ai réussi à rédresser la tête, à repartir sur ma route.

Il y a 1 an, nous commencions tout juste à retrouver un semblant d’équilibre quand Il s’est pointé

Le bilan aujourd’hui n’est pas vraiment positif mais probablement moins négatif qu’avec l’arrivée de Grand Bonhomme. Bref, les Bonshommes, Monsieur et moi nous efforçons de retrouver l’équilibre que nous avons perdu. En fait, je n’aime pas le mot « perdu », je préfère « égaré » car cela signifie pour moi qu’il reste une chance de le retrouvé. Je pars à sa recherche…

loading En équilibre... hellocoton En équilibre...

Comme d’autre avant moi, j’avoue qu’ « avant », j’avais des principes d’éducation. Pour être honnête, il est vrai qu’un certain nombre d’entre eux sont passés un peu à la trappe avec l’arrivée de Grand Bonhomme, puis de Petit Bonhomme. Pourtant, malgré toutes les difficultés rencontrées, un certain nombre d’entre eux sont restés ancrés. Par exemple, chez nous, il n’y a pas de télé le matin. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme çà.

Mais d’où me viennent ces principes, ces idéaux éducatifs? Pourquoi sont ce certains d’entre eux, toujours aussi important à mes yeux?

J’avoue que je me pose de plus en plus la question car Soeurette Adorée et moi-même, pourtant soeurs, pourtant elevées selon les même principes (enfin, autant qu’un premier et un dernier peuvent l’être….), divergeont grandement dans nos conceptions de la maternité, des l’éduction, de notre relation à l’enfant. Pas de friction entre nous car je ne lui en dis rien mais ca ne m’empêche pas d’y penser…

Pourquoi était il si important à mes yeux d’avoir un accouchement physiologique, un allaitement (long) et d’autres choses encore?

Pourquoi est il si important à ses yeux que Neveu Chéri reste à table jusqu’à la fin du repas sans se lever?

Je me suis demandée si tout cela pouvait être lié au ressenti qu’on a de sa propre éducation, car force est de constater que je n’ai finalement aucune idée concrète de la façon dont ma mère nous a « materné », nous a elevé dans notre plus petite enfance. J’en suis venue à me dire que ce que je m’impose et par conséquent, ce que j’impose à mes enfants, n’est que l’application de l’image idéale que je me fais de la mère parfaite, et peut être alors de celle que je voudrais être, ou même pire encore, que je voudrais que les gens voient en moi…

Ou comment se mettre la pression gratos.

Avec le recul, je suis contente d’avouer que mes enfants sont plutôt gentils avec moi et contribuent à l’amélioration de mon estime de moi. Ouf. Ils ont l’air de « réussir » dans les domaines qui me tiennent à coeur. Hasard ou conséquence?

Evidemment, je sais que je vais puiser dans mon enfance et mon adolescence pour savoir ce que je veux ou ne veux pas que mes enfants entendent, fassent ou subissent. Ce qui doit finalement être un doux mélange de mon caractère, de mon histoire et de mon éducation.

loading Fille et mère... hellocoton Fille et mère...

Je n’ai jamais pris le temps de raconter ici mes accouchements. Et avant que n’arrive N°3, j’ai eu envie de vous parler un peu de mes premiers accouchements, leurs différences ainsi que ce que j’en ai conservé…

Grand Bonhomme était attendu pour un mercredi. J’ai eu beau marcher, faire le ménage, cirer le parquet et faire les vitres les jours précédents, rien de rien ne se pointait à l’horizon. A partir du jour J, j’ai du aller tous les jours à la maternité pour monitorer le schtroumpf et savoir si tout allait bien. Le samedi suivant, le monitoring était toujours au top mais Mme Sage Femme m’a assuré qu’il fallait procéder au déclenchement parce que « à ce terme, ca ne sert plus à rien de le laisser dans le ventre. En plus, il peut mourir in utéro si le placenta ne joue plus son rôle! »… Sans commentaire.

Et comme vous vous en doutez, j’ai accepté le déclenchement. Même si je savais que ca mettait à mal mon idée d’accouchement physiologique.

A 14h, pose de la perf d’ocytocyne, poche des eaux percée, monitoring constant : c’est parti !

Après 2h, les contractions sont de plus en plus fortes. Comme je suis monitorée, je ne peux pas me lever et je ne peux pas marcher ou changer de position. Résultat, je sens les contractions plein pot et ca douille vraiment fort fort. J’ai l’impression d’avoir des coups de poignard dans les reins… une catastrophe ! Résultat, je finis par demander la péridurale.

Il faudra une bonne demi heure, voire plus, pour que Mr Anesthésiste vienne me poser la péridurale. Pour les innocentes nullipares, sachez qu’il ne vaut mieux pas regarder l’aiguille qui va arriver dans votre dos, ca risquerait de vous démotiver. Ensuite, la sensation de l’aiguille qui s’enfonce, c’est un peu comme de se faire visser un truc dans la colonne mais sans la douleur.

Une fois l’anésthésie en place, il faut reconnaitre qu’il y a de quoi bénir les avancées de la médecine :  plus aucune douleur. Je peux encore bouger mes jambes mais je ne les sens plus. Le problème, c’est que je ne sens vraiment plus rien, au niveau de mon bassin non plus. En plus, j’ai tendance à m’assoupir.

Résultat, quand vient le moment de pousser, je ne peux pas m’en rendre compte et c’est le monitoring qui indique aux sage-femmes le moment où je dois agir. En suivant leurs directives, il ne faudra que 2 poussées pour que Grand Bonhomme pointe le bout de son nez.

Il aura fallut 4h45.

Dans la foulée, après l’accouchement, j’ai fait une allergie à la péridurale : des gratouilles partout. L’anesthésiste m’a injecté un produit contraire mais j’ai enchainé par un malaise. Je me souviens d’avoir dit à Monsieur de tenir Grand Bonhomme parce que je sentais que ca n’allait pas fort. Quelques suées et la tête qui tourne…. Bref, pas le pied.

Après quelques minutes sous oxygène et la tête en bas, j’ai récupéré mon Grand Bonhomme, tout gris et frippé dans mes bras. Bizarrement, je me suis sentie Maman assez vite et la responsabilité qui en découlait ne m’a pas fait peur. Par contre, je n’avais aucune idée des angoisses et des peurs qu’en si petit nounours peut créer. Combien de fois à le regarder dormir et s’assurer qu’il respire  depuis ce jour…

Mes souvenirs de la maternité, c’est un manque de sommeil absolu : entre le réveil matinal pour le check-up santé de la maman, la visite du pédiatre à heure fixe, le bain obligatoire, les visites diverses d’amies et familles, spontanées ou prévues, les pleurs des autres bébés la nuit, les tétées innombrables… Au secours.

Etaler par dessus une bonne couche de conseils divers, variés et contraires de puéricultrices et sages femmes concernant l’allaitement, un pédiatre surstressant et désagréable, qui parce que Grand Bonhomme n’avait pas fait son méconium après 24h m’a imposé de lui administrer un suppo de glycérine… que j’ai caché dans ma table de nuit !, de continuel « on vous le prend pour la nuit? on lui donne un biberon de complément? », l’interdiction de porter bébé dans les couloirs (« on ne sait jamais, vous pourriez tomber! ») et l’absence de Monsieur de 20h à 8h du matin… Que du bonheur !

Ah oui, j’oubliais : en prime, on m’a volé mon lecteur MP3 et ma PSP…!

Bref, j’en garde un assez mauvais souvenir. Je sais que pour certaines tout se passe très bien mais il est probable que mes idées très arrétées sur certains sujets, mon caractère bien trempé et affirmé et l’assurance que j’avais pu prendre avec les bébés des autres au cours de ma petite vie m’ont donnés l’impression d’être constamment dans l’opposition et surtout dans la solitude.

Après 4 jours, et la pesée reglementaire de départ, j’ai été très contente de rentrer à la maison… pour commencer notre vie à 3 !

loading Et dun ! hellocoton Et dun !
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Je ne sais pas s’il est normal, évident, naturel, de se reconnaitre dans ses enfants.

Petit Bonhomme me ressemble physiquement. Bien plus que son frère qui est plutôt le portrait de Monsieur.

Et Grand Bonhomme me ressemble dans une partie de son comportement. Sensible et torturé.

Le bilan psychologique nous a montré que sa précocité pouvait être à l’origine de cet espèce de mal-être intérieur, de cette difficulté de se reconnaitre, de se vivre et de s’aimer, cette nécessité de trouver et obtenir la reconnaissance et l’amour d’autrui. Sans être particulièrement persuadée de ma propre précocité (à l’époque), je me reconnais dans son comportement. Même si j’ai l’impression qu’en tant que fille, plus calme, plus posée, plus méticuleuse, plus discrète aussi, j’ai plutôt mieux vécu cette petite enfance, par rapport à mon Grand Bonhomme. J’espère d’ailleurs que, pour avoir su, si tôt, mettre une origine sur ses difficultés, nous saurons lui éviter, en temps voulu, les écueils de l’adolescence que j’ai moi même du traverser à mon époque.

En outre, nous savons pour l’avoir constaté et ressenti, que, depuis qu’il est tout petit, Grand Bonhomme est un garçon très sensible. A fleur de peau. L’impression que son coeur est à 2 cm de son cerveau. Il reçoit, traite et intégre toutes les informations avec toute l’intelligence et la perspicacité qui est la sienne, c’est à dire très affutée, et parfois, le coeur prend le dessus. Mais il gère aujourd’hui d’autant mieux cette émotion qu’il est en mesure de filtrer l’information au travers de ses connaissances et de son vécu. Progrès majeur puisqu’il lui permet de prendre beaucoup de recul par rapport à la brutalité de certains évènements.

Néanmoins, pour m’être reconnu en lui à de nombreuses occasions, je m’inquiéte sincèrement de la suite de sa vie, de ses difficultés, de ses souffrances, de toutes les flèches qu’il recevra. J’espère qu’il saura les gérir mieux que moi, qu’il saura grandir avec, en les portant et non en les trainant. Je voudrais être pour lui un meilleur soutien, une meilleure aide que celle que mon entourage fut pour moi.

Je voudrais, comme chaque maman d’ailleurs, faire une vie toute rose à mon fils. Et parfois, je souffre pour lui, parce qu’il est comme moi, parce qu’il est moi, et que j’ai l’impression, non tout à fait de savoir ce qu’il traverse mais plutôt de deviner ce qu’il va traverser et de ne rien pouvoir faire pour lui éviter.

Si je devais imager ma vision des choses, je dirais que Petit Bonhomme s’engage dans la vie juché sur un char, il avance, ne s’arrête pas aux difficultés, passe à autre chose et n’ouvre la tourelle qu’à ce qui l’intéresse. Grand Bonhomme avance dans la vie, sur son joli vélo rouge, cheveux au vent, il ressent la vie, la nature et les odeurs à pleine peau mais il prend aussi la pluie, la grêle, les coups et il peut aussi tomber avec les genous écorchés et un peu moins envie de remonter en selle…

Suis je trop négative? Trop inquiète?

Saura t’il, en tant que garçon, en tant qu’homme, enjamber certaines souffrances, qui sont spontanément plus féminines?

L’avenir le dira.

Et vous, vous les voy(i)ez comment, vos enfants? Avec le recul, aviez vous raison?

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Quand j’étais gamine, on n’exprimait pas ses sentiments. Et quand je dis « on », je dis « tout le monde », père, mère, soeur, moi y compris.

Jamais entendu « je suis en colère », « je suis malheureuse », « je suis fière de toi » et tout simplement « je t’aime ». Il m’a fallut attendre bien des années. Jusqu’à mon mariage je crois.

Mes parents et surtout ma mère, serraient tout cela contre eux, sans laisser filtrer les mots. Bien entendu, il est des sentiments qu’on ne peux pas cacher, le visage, les douleurs, les maux de tête expriment ce qu’il y a à dire. Sauf que quand on a 10 ans, on n’y comprend rien. J’ai appris bien plus tard ce que nos parents nous cachaient.

Et quand on a 15 ans, qu’on entend la plupart du temps que « La petite Nashii, elle a un sale caractère. Va falloir qu’elle se calme si elle veut se trouver quelqu’un… », ca finit par s’inscrire quelque part. Alors, on aimerait bien entendre qu’on est quelqu’un de bien, qu’on est jolie et qu’on va s’en sortir. La première personne qui me l’ait dit, c’est ma prof de philo en terminale…

J’en ai tiré un conclusion :  ne pas refaire la même erreur avec mes enfants.

A ses enfant, on ne demande pas de solution mais je pense qu’on peut dire quand ca ne va pas, que ce soit physiquement, moralement ou matériellement. On peut dire aussi quand ca va. Parce que ca fait du bien et que ca n’est pas parce que cela semble évident, que ca l’est.

Dans tous les cas, j’essaie dès à présent de laisser sortir ce que j’ai sur le coeur, le positif comme le négatif.

Quand je suis en colère, je dis « Je suis en colère parce que… »

Quand je suis contente, je dis « Je suis vraiment contente de passer ce moment avec toi »

Quand je suis fière, j’ouvre mes grands yeux de bonheur et je dis « Je suis fière de toi et tu peux être fier de toi ».

Quand je ressens cette énorme vague d’amour que j’ai ressenti en tant que maman, qui fait qu’on crève d’envie de le serrer fort fort fort et qu’on a les larmes aux yeux de bonheur, je lui demande si je peux le prendre dans mes bras et je dis « Je t’aime. Je t’aime fort tu sais. » Et rien n’est meilleur pour moi que d’entendre en retour « Je t’aime aussi Maman ».

Et je me fais un promesse : parce qu’un jour il sera trop grand pour que je le prenne dans mes bras, qu’il m’enverra surement balader comme on peut le faire avec sa mère, et parce que j’ai surement envoyé promener trop souvent ma mère pour qu’elle ai encore le courage de me le dire mais que finalement, l’entendre m’aurait fait le plus grand bien, je lui dirai quand même que je l’aime fort, qu’il est beau et qu’il est quelqu’un de bien.

Et chez vous, est ce que les mots d’amour sortent facilement?

Edit : la publication est sortie plus vite que prévue. Un acte manqué à n’en pas douter. Ben, disons que ca compte pour demain, hein?

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Jeudi dernier, alors même car la conclusion de mon roman n’était pas connu, Esperance commentait le billet « Père Noyel » par ceci :

« et bien tout cet étalage de jouets pourri gaté!!!!
j’espère que ce n’est pas pour le matériel qu’un ou une troisième a sauté.
bon courage ».

Spontanément, j’ai eu envie de répondre par un petit mot. Mais comme le reste des commentaires n’était pas ouvert et que, au font, la remarque portait (à mon avis) sur l’IVG et  non sur les cadeaux, j’ai crains d’ouvrir la porte à une série d’échanges innapropriés.

Aujourd’hui, j’ai envie de répondre, mais pas juste avec un commentaire. Non, avec un vrai billet complet car finalement, la remarque d’Espérance, beaucoup d’autres doivent l’avoir en tête.

Comment l’ai je interprétée? Comme l’ai je traduit?

Qu’au vu des cadeaux que reçoivent mes enfants, et pour les plus fidèles du blog, au vu des vacances, des sorties ou des achats, il était dommage / désolant / affligeant / culpabilisant / nul (compléter à votre bon coeur), d’avoir envisagé / subi / programmé une IVG.

Cette remarque, très spontanée, et probablement très sincère, je la comprends. Car je suis persuadée que dans le regard de beaucoup, une IVG ne peut être que la conséquence d’une situation personnelle difficile, d’une situation matérielle dramatique.

Et pourtant…

D’abord, la question financière a été mise sur le tapis et débattue comme il se doit, croyez moi ! La conclusion est que, si l’on compte la chambre en plus, la nourriture, les vêtements, les sorties, les sports, les vacances, les fournitures scolaires pendant environ minimum 20 ans, les études, l’éventuelle voiture, le permis peut être… on arrive à une somme très très conséquente. Et pour être tout à fait honnête, je crois que revendre tous les jouets qui lui ont été offerts pendant les 10 premières années de sa vie, n’y suffira pas… non vraiment.

Alors évidemment, on peut argumenter du faire qu’il faut revoir ses prétentions à la baisse et se contenter de limiter les sorties, récupérer les vêtements, se faire offrir des fringues plutôt que des vélos. Oui, mais est ce qu’on a vraiment envie de « se contenter de ».. dans la vie? Hein?

Est ce que j’ai envie de dire à mes enfants que Papa Noel a apporté un blouson plutôt qu’un circuit de voiture parce qu’il savait que sinon « tu aurais froid cette hiver ». Franchement, mon enfance a été heureuse mais nous étions loin, très loin de rouler sur l’or. Dès lors, recycler les pulls de ma soeur, ainsi que les pantalons, qui finissaient toujours trop courts aux bras et aux jambes, ne jamais partir au ski, ne jamais aller au restaurant, ramasser les pommes de terre et bien d’autres encore… ont fini par peser quelque peu sur ma conception de la vie, de l’argent et du confort. Fin de la parenthèse.

Donc, je considère qu’offrir tout et plus à ses enfants est un droit si on en a les moyens, et même un choix si on parle d’IVG dans ce contexte.

Et même si les 100 000 euros que je ne mets pas « dans cet enfant », je les mets dans un appartement qui m’assure un rente locative pour arrêter enfin de travailler et m’occuper mieux de mes 2 ainés ou améliorer ma retraite et me permettre de ne pas finir à la rue, c’est aussi mon choix.

J’ajouterai également que l’on ne peut donner que ce qu’on a et que, diviser par 2, par 3 ou par 4 ne donne pas le même résultat. Si aujourd’hui, j’ai la possibilité de donner une chambre indépendante à P’tit(e) Der (moyennant travaux), c’est aussi et surtout, parce que Monsieur, fils unique, a reçu un petit pactole de ses adorables parents. Il est certain que cette même somme, partagée en 2 ou 3, ne nous aurait même pas offert un balcon…

Ensuite, élargissons le débat, ou plutôt recentrons le débat :   »Est ce que ne pas avoir de premier / deuxième / troisième / xième enfant pour des raisons purement, bêtement et égoïsement matérielles est grave ? Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a pleins de parents de part le monde qui se contente d’un rejeton, voir aucun pour ne pas subir de contrainte, ne pas se priver, sortir et dépenser sans restriction. Est ce qu’on doit leur jeter la pierre? Y’a t’il un nombre d’enfant minimum dû à la société pour qu’elle nous accorde le droit de faire à notre guise. Vraiment?

Ce que je comprends de ce raisonnement, c’est que l’image de la bonne famille doit être 1 parent au moins en activité, avec 2 ou 3 enfants. Plus, c’est s’entendre dire : « Regardez tout ce qu’ils nous coûtent en alloc », moins (et j’exclue toutes les difficultés de procréation bien entendu), c’est dire : « Je ne participe pas au renouvellement de la société, je profite et je t’emmerde !

Parce que la vraie question finalement, est : Est ce que « ne pas vouloir ou ne pas faire d’enfant », c’est la même chose que « choisir de ne pas avoir CET enfant »? L’IGV est il plus barbare, plus inconcevable, plus inacceptable, que de se faire poser un stérilet, qui, je vous le rappelle, n’empêche nullement la conception mais empêche la nidation, ce qui correspond à un avortement très précoce. Tiens, vous y aviez pensé?

(Edit : http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=549.)

Beaucoup de pensées se heurtent dans ma tête, quant au jugement d’autrui (L’enfer, c’est les autres, non?), à la place de l’IVG ou de la contraception dans la société, au conséquence de ses actes et de ses choix…

Mais bref, je savais que ce genre de remarque viendrait. Notre société moderne voit toujours ( 35 ans après la législation) l’IVG pour ce qu’elle a de meurtrier et même s’il s’agit d’un acte médical et psychologiquement lourd, qui ne remplace nullement une contraception je le sais, elle reste du droit de chacun à faire de sa vie ce qu’il souhaite. Le regard des autres est lourd de culpabilité et c’est pourquoi, s’il avait fallu le faire, je n’en aurais parlé à aucun proche (sauf à ma mère) pour ne pas passer pour une barbare inconsciente. D’autant plus que cette solution avait pour intention que m’assurer stabilité affective, oui, mais également, et je ne m’en cache pas, confort matériel. Egoïste, va !

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