Il dort.

Il est 7h et il dort.

Il est 7h et il dort depuis hier soir 21h.

Waouh.

Cette histoire avait plutôt bien commencé. Pendant tout son premier mois (oh comme c’est bizarre d’écrire ça), Petit Der a beaucoup dormi. Je veux dire, du genre marmotte, à ronfler toute la journée et toute la nuit. Moyennant bien évidemment une grosse tétouille toutes les 2 à 3 heures environ. Ca donnait : je dors, j’appelle, je tétouille, je me rendors sur le sein…

A partir de septembre, il avait décidé de dormir de 22h à 6h non stop sans rien demander. J’avais été bluffée. C’est vrai, quoi ! Un bébé qui fait ses nuits et les miennes à 2 mois, c’est carrément génial. La journée, c’était tétées tout les 2 à 3 heures environ.

Et puis à partir d’octobre, je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, il a recommencé à appeler une fois par nuit. Puis deux fois par nuit. Puis 3 fois par nuit. Gloups. Et toujours toutes les 2 à 3 heures environ en journée.

Pour le souvenir, j’ai recherché dans les petits carnets où j’avais pris note des horaires de Grand et Petit Bonhomme à la même époque. Aucun des deux ne faisait ses nuits à 3 mois. Grand Bonhomme a appelé longtemps pour une tétouille de nuit et Petit Bonhomme encore plus longtemps pour la fameuse tétine. Alors j’ai laissé passé ce troisième mois.

Mais rien ne s’arrangeait.

Attention, c’est pas que j’y tienne absolument à ces fameuses nuits. car je sais, pour l’avoir vécu, qu’un bébé fait ses « nuits » plus où moins tard selon les cas et qu’il peut avoir besoin de manger la nuit pour compenser des journées un peu légères mais là, je n’en revenais pas : le filou a fait ses nuits complètes pendant 1 mois ! Il en était donc capable. Pas de raison de s’arréter en si bon chemin

En plus, j’avais souvent l’impression d’être une tétine géante :  1h de tétouille et impossible de le décrocher du sein.  D’autant que, pour plus de facilité, je me suis installé un lit à coté du sien et même à coté du chauffage. Evidemment, le combo « tétouille + nuit + chauffage » conduit immanquablement au sommeil profond… de maman ! Et tétouille au chaud dans les bras de maman = bonheur absolu pour l’enfant. Pourtant, à dormir à moitié dans mon lit, à moitié dans mon lit d’appoint, à me réveiller toutes les 3h, à être fatiguée dès le matin, j’ai pensé qu’on prenait la mauvaise direction. Alors certaines me parleront de cododo mais le cododo ne change pas grand chose au réveil de nuit et si d’autre ont fermé le bar à 6 mois, je ne voyais pas pourquoi je ne pourrais pas le faire plus tôt, puisque, je le rappelle, il en était capable !

Et si c’était un gros besoin de succion? Moi, je veux bien lui donner à manger, mais je ne veux pas devenir une tétine. J’ai donc cherché à substituer le sein par une vrai tétine. L’ayant fait pour Petit Bonhomme, je n’y voyais pas d’objection. Mais Petit Der en avait décidé autrement. Après 3 mois de contact charnel avec le sein maternel, l’idée de machouiller une truc en plastique ne lui allait pas (mais pas mais pas) du tout. Pffchouuu : crachouillage et tétine en orbite !

Je me suis donc replongée pour la moultième fois (ca se dit, ca?) dans mon livre préféré, en cherchant, non vraiment la solution mais des conseils pour cette période.

Bon, pour faire court et résumé, le bouquin conseille, plutôt que de laisser bêtement pleurer la nuit (ce que j’ai essayé, je vous l’avoue, mais en vain), de réduire progressivement la durée des tétées, afin que l’enfant réapprenne à s’endormir sans manger, sans avoir le ventre plein et ceci afin de l’aider à différencier « avoir faim » et « avoir envie de manger ».

Parenthèse :  Cette notion de différence est importante pour l’auteur car elle permet également de construire l’appétit sur de bonnes bases, en séparant clairement une émotion, une envie, et l’appétit réel. Evitant ainsi les éventuelles conséquences de ces méli-mélo sur le comportement et les compulsions alimentaires. Ce que je n’ai, à mon avis, pas réussi à faire avec Petit Bonhomme. Concrètement, quand il avait sommeil, je l’endormais « au sein », comme beaucoup le font, je crois. Mais plus il était fatigué, plus il réclamait à manger. Il confondait clairement « avoir faim » et « avoir sommeil ». Et c’est toujours le cas aujourd’hui ! quand il est exténué et que ses yeux se ferment tout seuls, il demande… un morceau de pain ! et s’endormirait presque le pain dans la bouche si nous ne le conduisions pas manu militari dans son lit !

Mais revenons en à Petit Der : j’ai donc entrepris le rationnement nocturne. Hors de question de demander à Monsieur de s’y coller, d’abord parce que s’il ne dort pas la nuit, il est encore plus insupportable que tous les enfants réunis, il a les yeux déchirés, il dort debout. Ensuite, je vous rappelle que Monsieur travaille, lui. Oui, je suis encore en mode « feignasse » ! Enfin, Petit Der ne peut être calmé que par moi :  ce sont les inconvénients de la vie fusionnelle avec sa Môman.

Première  nuit : tétées de 15 min. Mais je constate qu’après 10min, les grosses aspirations deviennent déjà des tétouillages. En le remettant au lit, il chouine à peine et se rendort. De toutes façons, il pleurt toujours un peu pour s’endormir. Trois réveils tout de même.

Deuxième nuit : tétées de 10 min. Idem. 2 tétees seulement.

Troisième nuit : tétées de 8 min, chrono en main. Tout va bien mais il pleure quand même 5 min avant de s’endormir. 2 tétées dans la nuit.

Quatrième nuit :  Je retente 8 min et ca se passe mieux. 2 tétées.

Cinquième nuit : Je passe à 6 min. Ca roule. 3 tétées.

Sixième nuit : Je passe à 5 min mais en fait non… car il dort !  Oui, depuis que je l’ai couché, hier à 21h, il dort. Je me suis réveillée avant lui, les seins tendus et douloureux mais lui, dort d’un sommeil bien paisible. Je pense que nous sommes sur la bonne piste…

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Comme je vous l’ai dit, j’ai commencé la lecture de Le sommeil le rêve et l’enfant de Marie Thirion et Marie-Josèphe Challamel – après avoir lu L’allaitement de Marie Thirion.

Je ferai plus tard un commentaire plus complet du livre mais je voulais rapidement vous donner un extrait, qui m’a notamment poussé à acheter le livre :

« Au-delà de 3 mois, il faudrait savoir faire disparaître les sucettes.
Le risque est grand qu’elles soient utilisées chaque fois qu’on veut faire taire l’enfant, le forcer au silence, et c’est là un comportement éducatif extrêmement suspect… tellement banal qu’on oublie de l’analyser comme tel. Savez-vous qu’en espagnol sucette se dit « tais-toi », et qu’aux Etats-Unis on l’appelle « pacificateur ». Ces noms ne disent-ils pas d’eux-même l’usage excessif qui peut en être fait? »

J’ai compris alors que je tombais dans cet excès. Dès que Petit bonhomme pleure un peu et chigne, plop, la tétine. Et j’ai réfléchis : ca n’est pas la solution.

Ensuite, il est écrit :
« La sucette pour dormir induit une dépendance de l’enfant envers ses parents, une condition d’endormissement dont ils sont les maîtres ou les garants. Chaque fois qu’en dormant l’enfant perdra sa sucette, il peut se réveiller et demander que l’un de ses parents se lève pour la lui redonner. C’est une raison très classique des appels multiples chaque nuit au-delà de quatre mois, raison à bien connaître pour savoir l’éviter. »

Et effectivement, il arrive déjà que la nuit, je sois obligée de me lever pour remettre cette fichue tétine. Ou alors, je laisse pleurer. Mais ca n’est pas cohérent avec l’endormissement du soir.
Et je connais des parents qui se lèvent toutes les nuits depuis de nombreux mois et même des années juste pour remettre la tétine.

Enfin, l’auteur entre plus encore dans les détails en prenant comparaison avec l’endormissement adulte : quand on est habitué à certaines conditions (lumière ou noir total, coté de lit, chaleur, musique ou télé, silence, etc), il est difficile de s’en débarrasser. C’est notre aptitude d’adulte à supporter leur changement et leur manque qui nous fait passer au délà pour modifier nos conditions d’endormissement. L’enfant, le bébé, lui, ne peut exprimer sa frustration qu’en pleurant. Donc pleurer, c’est normal. Tout en restant dans la mesure du raisonnable.

Aussi, il est expliqué que la tétine peut être aisément supprimée jusqu’à 6 mois. Et sans trop de contrainte quoiqu’avec un peu plus de persévérance jusqu’à 12 mois. Au delà, c’est carrément le plan de bataille. Mais rien n’est impossible.

Et il est clairement indiqué que l’acceptation de ce changement peut être étonnamment rapide

Alors, Monsieur et moi, on a réfléchi. Pas trop longtemps. Et on a dit : banco!
A la sieste : 30 min de pleurs entrecoupé de plusieurs calins… et hop, endormi.
Le soir même : 2 min de pleurs et hop, endormi.
Le lendemain, même plus de pleurs et hop, endormi.

Aujourd’hui et après plusieurs jours sans aucun soucis, je peux le dire : la tétine, c’est fini !

Mais finalement, c’est peut être moi qui en souffre le plus, puisque j’ai encore le très vilain, vilain réflexe de me dire, quand je l’entends pleurer, même en journée :« Ah, au moins, avec la tétine, on avait le silence… »

Vilaine Maman Nashii. Pas bien.

Et vous, supprimer la tétine, ca vous dirait?

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