Il y a 1 an, aujourd’hui, le P’tit Dernier, qui s’était incrusté dans mon ventre sans trop nous demander notre avis, prenait sa liberté.

Une nuit complète à contracter, pour prendre dans mes bras cette toute petite souris, qui m’aura réconciliée avec mon accouchement… et fachée avec mon allaitement.

1 an. Court et long à la fois.

J’ai essayé de ne rien rater. Je suis sure que j’ai raté des tas de choses.

J’ai essayé de ne rien oublier. Je suis certaine que j’en oublierai beaucoup.

Monsieur s’émerveille toujours d’un « C’est fou comme ca change en un an ». Vrai. Et encore plus vrai la première année.

Maintenant, P’tit Dernier lance la balle comme un chef, shoote dans un ballon pour jouer au foot comme ses frères, essaie désespérément de mettre les pilotes dans l’hélicoptère playmobil (il manque encore de minutie), essaie de manger avec une cuillère (en en balançant partout, sur moi et même aux murs), me donne, par contre, super bien à manger, danse comme un fou dès qu’il entend de la musique, s’amuse à arréter l’eau dès que j’essaie de le doucher, refuse de s’allonger sur la table à langer, s’éclate en se cachant sous des vêtements, puis en le retirant comme pour dire « coucou », nous léchouille la joue en guise de bisous, mais refuse toujours de dire bonjour ou au revoir,… Une liste infinie de petites choses qui nous émerveillent chaque jour tant qu’il me faut lutter contre l’envie quasi irrépressible de le prendre dans mes bras dès que je le vois, pour lui faire un calin.

Bon anniversaire mon P’tit Loulou.

Au fait, à l’époque, j’avais oublié de vous montrer ces petites photos, prises en salle d’accouchement, preuve que pour la maternité locale, l’accouchement physiologique n’est pas une illusion lointaine :

J’espère que vous apprécierez toutes à sa juste valeur la dernière image, où la jeune maman fraichement accouchée, lève les bras bien haut en signe de victoire, commentée d’un « Bravo, vous avez réussi »… Personnellement, c’est une situation que je n’ai jamais vécue comme ça !

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Après vous avoir relaté mes deux premiers accouchements, je me prépare pour mon troisième…

Et comme la nature humaine est bien faite, on se construit avec son historique et ses antécédents. Aussi, voici ce que je tire de MON histoire.

D’abord, j’ai décidé de reprendre de l’homéopathie : à partir de 38 SA en théorie, à partir de 39SA pour moi, Caulophyllum 9CH, Actaea racemosa 9CH et Gelsemium 9CH, 5 granules par jour en alternance. Au moment de partir à la maternité, une dose de Gelsemium 15CH et une dose d’Actaea racemosa 30CH. Au moment de la rupture de la poche des eaux, une dose de Gelsemium 15CH. Après l’accouchement, 5 granules d’Arnica 9CH 2 fois par jour.

Ensuite, je pense gérer les premières contractions sur mon ballon à la maison mais alors que nous sommes partis à la maternité après 2h de travail pour Petit Bonhomme, je pense partir plus rapidement afin d’éviter les urgences.

J’ai déjà indiqué aux sages femmes que je ne veux pas de voie veineuse ou au pire, au niveau du coude et nul part ailleurs. Bien entendu, aucune perfusion, ni injection.

Je voudrais rester assise sur un ballon le plus longtemps possible, afin de gérer les contractions par des mouvements du bassin et des respirations.

Comme je pensais qu’il n’était pas possible d’accoucher à 4 pattes ou assise ou debout (avec le recul, je réalise que c’est un peu stupide et que j’avais pourtant lu beaucoup d’info sur le sujet…), je me suis obligée à m’allonger. Aujourd’hui, je pense rechercher une autre position mais j’ai le sentiment qu’il me faut un sol dur sous les pieds… On verra ce que cela deviendra.

Ensuite, et comme présenté par ma sage femme, je dois penser à ne pas pousser, juste respirer et expirer en tirant sur mes bras, afin d’aider le bébé à descendre sur les contractions. Il faut que j’essaie d’épargner mon périnée.

Enfin, une fois le bébé sorti, je sais également qu’il faut que je pousse pour expulser le placenta, alors que par reflexe, je « serrais » les fesses pour éviter que le sang ne coule trop, ce qui a ralenti le temps de délivrance.

Et après tout cela, je veux partir le plus vite possible pour rentrer à la maison…

Et voilà !

Bon, la théorie, les envies, les souhaits, tout ca est bien joli mais je sais que la pratique peut et sera différente.

Je sais également que la pression que je me mets encore aujourd’hui pour obtenir un accouchement « parfait » est stupide, irréelle et ne m’apportera probablement que des problèmes et des regrets. Ma sage femme m’a dit : « Accoucher, c’est accepter de lacher prise ». Mais que dire? Je suis une perfectionniste avide de contrôle. C’est dans ma naure et je n’y peux rien…

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Après un premier accouchement médicalisé et même un peu trop à mon goût, j’ai décidé que pour ce deuxième accouchement, je prendrais le contrepied du premier. Je souhaitais avant tout garder le contrôle et décider par moi même de ce que je voulais pour cet accouchement. J’ai donc, en premier lieu, cherché un hopital qui permettait d’accouchement de façon plus « physiologique ». Lors de l’inscription dans cet hôpital, j’ai obtenu la liste des sages femmes des environs avec lesquels je pouvais faire la préparation à la naissance et comble de chance, deux d’entre elles m’ont proposé lors de notre conversation un suivi « global » avec un accouchement en plateau technique.

Le plateau technique, kézako ? : il s’agit d’être suivi pendant la grossesse, l’accouchement et les suites de couches par une ou deux sages femmes.

La Poule (référence dans le domaine du conseil maternel 😉 ) a écris quelques articles sur le sujet comme celui-ci , celui là et cet autre, donc inutile de revenir la dessus.

Soyons un peu égoïste et parlons de moi, moi et moi toute seule.

3 jours avant terme, à 4h00 exactement sur mon réveil matin, première contraction, suffisamment douloureuse pour me réveiller. Je referme les yeux pour le cas où.

4h10 seconde contraction douloureuse. Tiens tiens… je décide de me lever.

4h20 troisième contraction : si ca c’est pas de la régularité ! Je me pose sur le ballon pour me soulager un peu pendant les contractions.

A 5h, je me décide à aller réveiller Monsieur pour le prévenir qu’une petite douche ne serait peut être pas inutile.

A 6h, les contractions sont toujours toutes les 10 min, j’appelle la sage femme pour qu’elle vienne à la maison me dire où j’en suis. Elle arrive à 6h30 : premier verdict, je suis à 5. Je vais réveiller Grand Bonhomme et lui explique qu’il doit aller chez nos amis pour la journée pendant que je vais à la maternité. Je suis, même avec le recul, particulièrement étonnée du calme avec lequel il a pris l’annonce… Monsieur le jette en pyjama dans la voiture pour le déposer avant d’aller à la maternité. A 7h la sage femme et moi-même plions bagage pour partir à la maternité. Le temps de se mettre en mouvement et d’y aller, j’arrive en salle de naissance à 7h30.

Pendant ces 3h30, les contractions sont parfaitement gérables, je respire, je souffle, je dandine du popotin et tout va vraiment bien. J’ai le sourire et me sens très zen. Les choses commencent à se compliquer quand la sage femme essaie de me poser une voie veineuse (perfusion) au niveau de l’avant bras : mes veines sont tortueuses et je souffre attrocement. Cela me sort de mon calme et je commence à focaliser sur la douleur. Dans le même temps, les contractions deviennent tellement rapprochées que j’ai l’impression d’un douleur continue.

A 8h, le poche des eaux se perce, je suis pliée en deux et ne sais plus du tout dans quelle position me mettre pour atténuer cette douleur insoutenable. Je me revois hurlant à quatre pattes dans la salle avec la sage femme ne cessant de me dire de ma concentrer sur ma respiration : peine perdue, je suis complètement déboussolée.

En toute honneteté, je suis en panique. Les pensées qui me viennent sont :
« Est ce que j’ai bien fait de choisir le plateau technique? »
« Est ce que ca va durer encore longtemps? »
« Et si le bébé ne supporte pas cet accouchement? »
« Et si je n’y arrivais pas? »

Je crois que j’ai croisé ici la fameuse phase de désespérance… Dès la fin de l’accouchement, j’ai regretté de ne pas avoir réussi, non pas à conserver mon calme mais plutôt de ne pas avoir « su me tenir ». Cette expression représente bien le regard que je porte sur moi : un peu de honte et pas mal de regret quand à mon comportement un peu exhubérant. Le plus dur étant de devoir souffrir le regard de Monsieur sur mon attitude et mon comportement, craignant (à tord ou à raison) de m’être dévalorisé à ses yeux.

A ce moment là, je ne sais absolument pas quelle position choisir, je suis réellement perdue et je sens que « ca pousse ». Entendez par là que le bébé appuie sur mon sphincter.

Je décide de m’allonger pour pousser. Oubliant toutes les méthodes de souffle tranquille, je décide de pousser très fort (je vous rappelle que je suis en panique !) et en 2 poussées, Petit Bonhomme est sorti. J’ai senti la douleur du passage, ainsi que la déchirure mais l’important était pour moi de sortir ce bébé.

A ce moment précis, Petit Bonhomme ne bouge pas, ne crie pas… Grosse panique pour nous. La sage femme coupe le cordon et dans la foulée, Petit Bonhomme ouvre les yeux (et accessoirement me fait caca dessus). Ouf, tout va mieux…

Il aurait fallut 4h45.

Après tout ca, j’ai mis un peu de temps à évacuer le placenta mais heureusement pour moi, il était complet. J’ai par contre du être recousue car la déchirure, que j’avais fichtrement bien sentie, était presque complète (c’est à dire jusqu’à l’anus). Avec quelques piqures d’anesthésique locales, j’ai été recousu par le médecin de l’hopital et, comment dire, ca douillait grave. Je crois que j’ai juré plus que de raison mais bordel, ce que j’ai eu mal.

Après 5h en salle de naissance afin de s’assurer que je ne fais pas d’hémorragie, j’ai le droit de rentrer chez moi, retrouver mon Grand Bonhomme et lui présenter son petit frère. Mes parents sont là pour m’assister et me permettre de rester couchée au repos. Trop cool !

Si je devais « comparer » les deux accouchements, sans être vraiment persuadée que cela puisse se comparer, je dirai que la Maternité apporte la sécurité de l’encadrement constant mais impose un cadre peu flexible surtout pour un deuxième ou un troisième enfant. En comparaison, le suivi global propose une personnalisation plus poussée. J’ai toutefois regrettée que ma sage femme ne m’apporte pas plus de conseil quant à la progression de mon accouchement, et notamment pour la traversée de la phase de désespérance. Le fait d’être « seule » nécessite d’avoir confiance en soi et en sa capacité universelle et immuable de femme à donner la vie, ce qui n’est finalement, plus du tout naturel aujourd’hui…

Par ailleurs, il est certain que la maternité et/ou la sage femme qui vous assiste joue un rôle important dans le déroulement de l’accouchement lui même, selon ses compétences, ses qualifications et son regard sur l’accouchement physiologique.

J’ai conscience d’avoir réellement eu mal pendant l’expulsion du bébé et pendant la déchirure mais je ne regrette nullement cette phase en comparaison avec l’absence complète de sensibilité de l’accouchement sous péridurale. Ayant vécu les deux extrêmes, je reste persuadée qu’il est possible qu’une péridurale soit moins fortement dosée et permette de ressentir un minimum la sortie du bébé. Cependant la pose de péridurale impose une surveillance d’au moins 24h, ce que je voudrais éviter.

Parmi les éléments pour lesquels je ne sais pas si les conditions d’accouchement ont eu un effet quelconque (compliquée, cette phrase !), j’ai noté que mon premier accouchement a été suivi de 6 à 8 semaines de lochies ainsi que d’un endormissement complet de mon périnée (fuite urinaire, plusieurs minutes pour relacher le périnée et déclancher un jet d’urine, séance supplémentaire de rééducation périnéale,…) possiblement dû à l’épisiotomie, alors que mon second accouchement a, malgré la déchirure, conservé toute sa motricité à mon périnée (aucune fuite urinaire, aucune difficulté pour uriner,…) et ne m’a donné qu’une semaine de lochies.

Enfin, le retour à la maison quelques heures après l’accouchement est LE pompon qui me motive à recommencer. J’ai adoré retourner dans mon cocon aussi vite que possible, avec fleurs, petits plats de Môman et repos sur le balcon au soleil… et j’espère bien recommencer !

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Je n’ai jamais pris le temps de raconter ici mes accouchements. Et avant que n’arrive N°3, j’ai eu envie de vous parler un peu de mes premiers accouchements, leurs différences ainsi que ce que j’en ai conservé…

Grand Bonhomme était attendu pour un mercredi. J’ai eu beau marcher, faire le ménage, cirer le parquet et faire les vitres les jours précédents, rien de rien ne se pointait à l’horizon. A partir du jour J, j’ai du aller tous les jours à la maternité pour monitorer le schtroumpf et savoir si tout allait bien. Le samedi suivant, le monitoring était toujours au top mais Mme Sage Femme m’a assuré qu’il fallait procéder au déclenchement parce que « à ce terme, ca ne sert plus à rien de le laisser dans le ventre. En plus, il peut mourir in utéro si le placenta ne joue plus son rôle! »… Sans commentaire.

Et comme vous vous en doutez, j’ai accepté le déclenchement. Même si je savais que ca mettait à mal mon idée d’accouchement physiologique.

A 14h, pose de la perf d’ocytocyne, poche des eaux percée, monitoring constant : c’est parti !

Après 2h, les contractions sont de plus en plus fortes. Comme je suis monitorée, je ne peux pas me lever et je ne peux pas marcher ou changer de position. Résultat, je sens les contractions plein pot et ca douille vraiment fort fort. J’ai l’impression d’avoir des coups de poignard dans les reins… une catastrophe ! Résultat, je finis par demander la péridurale.

Il faudra une bonne demi heure, voire plus, pour que Mr Anesthésiste vienne me poser la péridurale. Pour les innocentes nullipares, sachez qu’il ne vaut mieux pas regarder l’aiguille qui va arriver dans votre dos, ca risquerait de vous démotiver. Ensuite, la sensation de l’aiguille qui s’enfonce, c’est un peu comme de se faire visser un truc dans la colonne mais sans la douleur.

Une fois l’anésthésie en place, il faut reconnaitre qu’il y a de quoi bénir les avancées de la médecine :  plus aucune douleur. Je peux encore bouger mes jambes mais je ne les sens plus. Le problème, c’est que je ne sens vraiment plus rien, au niveau de mon bassin non plus. En plus, j’ai tendance à m’assoupir.

Résultat, quand vient le moment de pousser, je ne peux pas m’en rendre compte et c’est le monitoring qui indique aux sage-femmes le moment où je dois agir. En suivant leurs directives, il ne faudra que 2 poussées pour que Grand Bonhomme pointe le bout de son nez.

Il aura fallut 4h45.

Dans la foulée, après l’accouchement, j’ai fait une allergie à la péridurale : des gratouilles partout. L’anesthésiste m’a injecté un produit contraire mais j’ai enchainé par un malaise. Je me souviens d’avoir dit à Monsieur de tenir Grand Bonhomme parce que je sentais que ca n’allait pas fort. Quelques suées et la tête qui tourne…. Bref, pas le pied.

Après quelques minutes sous oxygène et la tête en bas, j’ai récupéré mon Grand Bonhomme, tout gris et frippé dans mes bras. Bizarrement, je me suis sentie Maman assez vite et la responsabilité qui en découlait ne m’a pas fait peur. Par contre, je n’avais aucune idée des angoisses et des peurs qu’en si petit nounours peut créer. Combien de fois à le regarder dormir et s’assurer qu’il respire  depuis ce jour…

Mes souvenirs de la maternité, c’est un manque de sommeil absolu : entre le réveil matinal pour le check-up santé de la maman, la visite du pédiatre à heure fixe, le bain obligatoire, les visites diverses d’amies et familles, spontanées ou prévues, les pleurs des autres bébés la nuit, les tétées innombrables… Au secours.

Etaler par dessus une bonne couche de conseils divers, variés et contraires de puéricultrices et sages femmes concernant l’allaitement, un pédiatre surstressant et désagréable, qui parce que Grand Bonhomme n’avait pas fait son méconium après 24h m’a imposé de lui administrer un suppo de glycérine… que j’ai caché dans ma table de nuit !, de continuel « on vous le prend pour la nuit? on lui donne un biberon de complément? », l’interdiction de porter bébé dans les couloirs (« on ne sait jamais, vous pourriez tomber! ») et l’absence de Monsieur de 20h à 8h du matin… Que du bonheur !

Ah oui, j’oubliais : en prime, on m’a volé mon lecteur MP3 et ma PSP…!

Bref, j’en garde un assez mauvais souvenir. Je sais que pour certaines tout se passe très bien mais il est probable que mes idées très arrétées sur certains sujets, mon caractère bien trempé et affirmé et l’assurance que j’avais pu prendre avec les bébés des autres au cours de ma petite vie m’ont donnés l’impression d’être constamment dans l’opposition et surtout dans la solitude.

Après 4 jours, et la pesée reglementaire de départ, j’ai été très contente de rentrer à la maison… pour commencer notre vie à 3 !

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